Ysaline Fearfaol : chroniques et autres écrits

19 août 2019

Les tribulations de Brandt et Donnelly affaire 1 : mis à nu sous couverture (Xavier Mayne)

Les tribulations de Brandt et Donnelly affaire 1 : mis à nu sous couverture (Xavier Mayne)

La nouvelle mission de l’Agent Brandt qui consiste à infiltrer une opération de sexe-cam le met dans une position très inconfortable, d’autant plus qu’il devra se montrer nu devant la caméra pour son audition. Heureusement, son partenaire et meilleur ami, Donnelly, surveille ses arrières – qu’il s’agisse d’aider Brandt à écumer des boutiques gays afin de trouver des sous-vêtements sexy ou de lui offrir de la Jäger et des encouragements tandis qu’il fait des recherches sur le porno.

Malgré sa mortification, Brandt donne à l’audition le meilleur de lui-même – et devient une sensation du jour au lendemain. Mais, pour rencontrer l’homme derrière l’opération, il va lui falloir cette fois-ci donner plus de sa personne, en direct devant une webcam et face au plus offrant. Donnelly s’assure de gagner cette vente aux enchères pour le bien de son partenaire, mais leur plan a un défaut : faire semblant n’est pas une option...

 

Un livre qui me laisse partagée... Ce qui est sûr, c'est que si vous cherchez une enquête policière, passez votre chemin. Si elle occupe 10 pages dans l'histoire, c'est beaucoup... Par contre, les scènes érotiques, elles, occupent 90% du livre, donc si c'est ce que vous y cherchez, allez-y, elles y sont, et avec tous les détails.

Cela dit, je reste mitigée sur 1) la vraisemblance de l'histoire et 2) la cohérence du comportement des personnages.

Pour le point 1, je sais que les agents sous couverture peuvent amener à faire des choses très éloignées de leur nature, mais là, quand même, c'est à la limite du viol visuel, surtout que l'ont sait très bien que ce qui est sur le net n'y disparaît jamais vraiment, et après ce qu'a fait Brandt, difficile de penser qu'il n'y aura pas de retombées... Mais comme on est un peu au pays des licornes et des arcs-en-ciel dans ce récit... Bref, pas très vraisemblable, mais sans ça, pas d'histoire, alors on va avaler la pilule.

Le point 2 est plus gênant. Je n'ai pas trouvé l'évolution des personnages très crédibles. Donnelly passe de "OMG, non, non, non, voir l'anus d'un homme, quelle horreur..." à des scènes absolument torrides avec Brandt (lequel, qui dit se sentir humilié par ce qu'on exige de lui, s'en remet au final très bien), d'abord derrière caméra, puis dans un lit. Un peu plus d'approfondissement de la psychologie des personnages n'aurait pas été du luxe...

En résumé, à lire si vous avez envie d'une histoire bien hot, sans prise de tête, mais si vous recherchez quelque chose de travaillé, je vous le déconseille.

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18 août 2019

Défis des lecteurs : feuilleton de l'été 2019 : les de Chânais à Venise saison 2, épisode 7

Feuilleton de l'été 2019 : les de Chânais à Venise saison 2, épisode 7

Défis des lecteurs : les de Chânais à Venise épisode 7

 

 

Trois photos ont été tirées au sort.

Celle de Sylvie Jaffredo, représentant des bruschettas à la tomate.

Celle de Fanny Ceotto, représentant une bouteille d’Orto et un verre en partie rempli.

Celle de Claire Brunez représentant un escalier bleu sur lequel se tiennent trois chatons : un noir, un tigré et blanc et un blanc avec des taches noires, qui regardent une porte bleue.

 

Aymeric jeta un coup d’œil par la fenêtre de sa chambre et ses mâchoires se crispèrent. Son intuition ne l’avait pas trompé. Les trois chatons étaient encore là, assis chacun sur une marche de l’escalier bleu, fixant désespérément la porte de la même couleur. Les touristes qui avaient loué le logement la semaine précédente les avaient nourris tous les jours, mais les nouveaux venus ne semblaient pas disposés à agir de même et les petits tout juste sevrés ne comprenaient pas.

Le loup-garou savait comment fonctionnait la Nature : vers quatre mois, la mère se séparait peu à peu de ses petits pour engendrer une nouvelle portée, et les plus anciens devaient apprendre à se débrouiller. Ce n’était pas un problème pour les animaux sauvages, mais les chats domestiques avaient perdu nombre de leurs instincts primitifs. Ils n’étaient pas plus faits pour se débrouiller seuls qu’un loup pour vivre en cage.

Le lieutenant des de Chânais soupira. Il ne pouvait hélas pas sauver tous les animaux abandonnés, mais il avait cependant plus de possibilités que le commun des mortels pour mettre à l’abri ceux qui croisaient sa route. Alors il dévala les escaliers, sortit dans la rue et traversa le pont qui le séparait de la maison bleue. Les chatons tournèrent aussitôt la tête vers lui. Ils sentaient le prédateur en lui, mais la voix dans leur tête les apaisait, et lorsque le loup-garou aux cheveux noirs s’accroupit, ils bondirent aussitôt dans sa direction, confiants, pour se percher sur ses larges épaules.

Comme de juste, personne ne s’étonna de le voir revenir au palazzo de Chânais avec un félin noir, un tigré et blanc et un blanc avec des taches noires. Seul Mordor éprouva le besoin de signifier aux nouveaux venus qu’il s’agissait de son loup, mais il ne leur disputa pas le repas que les petits affamés engloutirent avant de se rouler en boule sur un canapé en ronronnant puis de s’endormir les uns contre les autres.

— Tiens, des nouveaux ? nota Elwyn en entrant dans la pièce, des assiettes de bruschettas à la tomate en équilibre sur les bras.

Aymeric haussa les épaules.

— Je ne pouvais pas les laisser à la rue. Et puis le palazzo est grand et il y aura du monde pour s’occuper d’eux. On fête quoi ? ajouta-t-il en saisissant une tartine au passage.

— Rien de particulier. Mais comme Fabrizio va passer avec ses invités, je me suis dit que ce serait bien d’avoir de quoi grignoter.

— Grignoter ? s’effara Anthony en regardant les plateaux et autres assiettes qui occupaient le moindre centimètre carré de l’immense table de la non moins immense salle à manger.

Le poète lui opposa une expression des plus candides.

— Ce ne sont que les antipastis. Après, il y a le primo[1], puis le secondo[2], les formaggi[3], les dolc[4]i et puis bien sûr le caffè et les digestifs.

— Et sinon, on boit quoi, avec tout ça ? s’enquit Fabrizio, qui arrivait à la suite de Duncan.

Elwyn leva les yeux au ciel.

— Orto, bien sûr !

— Orto ? répéta Nikolaï, perplexe, avant d’ouvrir de grands yeux lorsque le maître de Venise se tourna vers Damon, le regard noir.

— Mais enfin qu’est-ce que tu as fichu, Salvieri ?! Tu ne pouvais pas la garder cinq minutes dans ton pantalon pour lui parler du plus merveilleux et du plus rare des vins blancs du monde, l’Orto[5] de Venise ?

— Moi, je ne peux pas la garder cinq minutes dans mon pantalon ? Et c’est le type qui baise tout ce qui a un joli minois sans distinction de sexe qui me dit ça ? Si je commençais à raconter tes exploits, on aurait tous des cheveux blancs avant que j’aie fini le premier tiers !

Insensiblement, les deux hommes glissaient vers le vénitien, rendant la scène incompréhensible aux Russes. Pris de pitié, Duncan finit par entraîner un Nikolaï complètement dépassé à l’opposé de la pièce.

— Ne t’en fais pas. Ça leur arrive tout le temps. Ils ne pensent pas un mot des amabilités qu’ils s’envoient, mais ce sont des Italiens, alors forcément, ils éprouvent le besoin d’en rajouter.

— Vénitiens, pas Italiens ! cria Fabrizio depuis l’autre côté de la salle à manger avant de reprendre son altercation avec Damon.

— Oui, oui, on sait ! rétorqua le loup-garou tout en fourrant un verre dans les mains de Nikolaï et en l’invitant à s’asseoir.

Le jeune homme obtempéra en silence. Il savoura quelques gorgées de vin avant de reprendre.

— Damon est tellement différent, ici… Au début que je l’ai côtoyé, à Moscou, il était toujours si distant, si froid… Je me demandais si quelque chose pouvait l’ébranler.

Le Russe eut un rictus mi-penaud mi-railleur.

— Et pourtant, crois-moi, j’ai tout essayé pour le faire sortir de ses gonds, y compris des choses dont je ne suis pas fier, mais rien[6], aucune réaction. Par contre, ici…

— Ici, il est chez lui, l’interrompit Duncan. En plus, il est en vacances. Je t’assure que s’il était venu pour le travail, tu retrouverais le Damon auquel tu es habitué. Par contre, j’ai un peu de mal à croire que tu ne l’as jamais vu... disons... passionné… ajouta le Seigneur des de Chânais avec un sourire aussi ironique qu’entendu.

Nikolaï s’empourpra et plongea le nez dans son verre sans répondre.

 

À suivre…



[1] Entrée chaude (pâtes, risotto, gnocchis ou potage)

[2] Plat principal composé de viande ou de poisson, servi avec des légumes (mais pas de pâtes ni de riz)

[3] Fromages

[4] Desserts

[5] Vin produit en très petite quantité dans les îles au large de Venise. Rare et cher, il a un goût incomparable (testé et approuvé par l’auteur)

[6] Voir Mon enfer dans tes yeux tome 1 (Ayleen Night)

 

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17 août 2019

Mes tableaux Pinterest : les de Chânais à Venise

Les de Chânais à Venise

Les de Chânais ont un palazzo à Venise... Ils y passent beaucoup de temps, et ce tableau Pinterest vous aidera à y suivre leurs aventures, ainsi que ces livres :

 

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16 août 2019

Service presse de NetGalley : civilizations (Laurent Binet)

Civilizations (Laurent Binet)

Vers l’an mille  : la fille d’Erik le Rouge met cap au sud.
1492  : Colomb ne découvre pas l’Amérique.
1531  : les Incas envahissent l’Europe.
 
À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être  ?
Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors.  Donnez-leur  le cheval, le fer, les anticorps, et toute l’histoire du monde est à refaire.
 
Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l’Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi  ?
L’Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l’imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestée de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques.
Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands  : des alliés.
De Cuzco à Aix-la-Chapelle, et jusqu’à la bataille de Lépante, voici le récit de la mondialisation renversée, telle qu’au fond, il s’en fallut d’un rien pour qu’elle l’emporte, et devienne réalité.
 

 

Une uchronie audacieuse

 

Et si ? Oui, et si ce n'était pas les Espagnols qui avaient conquis l'Amérique du Sud, mais l'inverse ? Si c'était les Incas qui avaient conquis l'Espagne, puis l'Europe ?

C'est le point de départ de ce roman, mais pour cela, il fallait aux Indiens trois choses qu'ils n'ont jamais eues : le fer, le cheval, et les anticorps.

Divisé en 4 parties de longueur inégale (la troisième, celle racontant la conquête de l'Europe par les Incas étant logiquement la plus longue), ce roman développe cette idée avec brio. Et avec une particularité fort intéressante : chaque partie est racontée du point de vue et avec le vocabulaire de la nation ou de la personne qui en est l'élément principal. On commence donc par les Vikings, qui, il est l'est communément admis à présent, sont les premiers à avoir abordé l'Amérique du Nord. Dans la réalité, ils y sont apparemment restés. Dans cette uchronie, ils sont descendus vers le sud, plus loi, toujours plus loin et c'est pour cela que l'Histoire du monde a changé...

Puis vient bien sûr Christophe Colomb et ses caravelles, qui, eux, abordent en Amérique du Sud, mais là encore, c'est une toute autre histoire qui se déroule.

Ensuite, la plus grande partie du livre, soit l'arrivée d'Atahualpa en Europe, et ce qu'il y découvre le rend bien perplexe, en particulier les exactions commises au nom de du dieu cloué, une religion qui paraît des plus illogiques aux Incas. C'est d'ailleurs particulièrement instructif de voir la religion chrétienne du point de vue de ceux qui ne sont que des fugitifs, mais qui vont finir par s'assurer la maîtrise de l'Europe et par y imposer leurs lois.

Une dernière partie concerne Cervantès, qui là encore connaît un destin bien différent de celui qui fut le sien. Bien qu'elle ne soit pas inintéressante, j'avoue qu'elle m'a parue arriver un peu comme un cheveu sur la soupe.

Tout au long du livre, donc, on croise des grands personnages de l'Histoire (grands au sens de connus, par forcément pour leurs actions), de moins connus aussi, qui se retrouvent tous dans des situations inédites du fait de la présence de l'Inca. Le récit est très narratif, mais toujours adapté à la culture dominante de la partie dominante de l'histoire. En définitive, on a un roman qui montre que le destin des Hommes ne tient pas à grand-chose, et qu'un tout petit détail pour faire basculer l'Histoire du monde.

#Civilizations

#NetGalleyFrance

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15 août 2019

Le second cercle (Anthony Kobal)

Le second cercle (Anthony Kobal)

Basé dans la Norvège déchirée par la guerre pendant l’occupation allemande, Klaus, un jeune nationaliste, découvre qu’il a attiré l’attention d’Axel, un officier nazi en pleine ascension du corps d’élite des parachutistes des Fallschirmjäger. Alors que la bataille pour le territoire est teintée par les effusions de sang, celle pour l’eau lourde – cruciale pour faire une bombe atomique – est tout aussi intense. Leur cible est une usine presque imprenable, nichée dans le flanc d’une montagne, sous un plateau. La machine Enigma a décodé des messages suggérant que les Norvégiens planifient un sabotage au plus profond de l’hiver. Alors que l’attraction mutuelle d’Axel et Klaus se transforme en obsession, de vieilles rivalités menacent d’exposer la passion impossible entre ces deux hommes, et l’affrontement inévitable dans la glace et la neige au cours d’une bataille féroce se métamorphose en une confrontation déchirante.

 

Rarement un livre ne m'a autant déroutée que celui là... Roman historique, mais aussi érotique. Roman d'amour, également, même si cet amour est bien difficile à vivre en cette période de l'histoire, et plus encore pour un officier allemand...

Car n'oublions pas que sous le IIIe Reich, les homosexuels étaient envoyés en camps de concentration, alors un officier allemand homosexuel... Pourtant, très vite, Axel sait qu'il n'est pas le seul à éprouver de l'attirance pour les hommes, comme le montre son expérience avec le baron et ses dépravations (car dans ce cas, il s'agit bien de dépravation, puisque le baron ne se préoccupe pas vraiment du consentement de ses partenaires), et même si son éducation nazie devrait le pousser à renier son attirance pour les hommes, ce n'est pas ce qu'il fait.

Surtout lorsqu'il rencontre Klaus, un jeune nationaliste norvégien... Et là encore, son éducation le déchire : il est attiré par Klaus, mais d'un autre côté, celui-ci est issu d'une race inférieure...

On a donc un roman fort, d'une rare qualité d'écriture, avec un homme dont les convictions et les désirs profonds ont du mal à s'accorder, dans une période troublée de l'Histoire (qui est d'ailleurs très bien retranscrite par l'auteur, en particulier tout ce qui concerne Enigma). Un roman qui prend aux tripes, car bien qu'Axel soit un nazi, on ne peut s'empêcher de l'aimer et d'avoir envie qu'il soit heureux avec Klaus (ou alors c'est mon côté midinette ??).

Mais a-t-on pour autant une romance ? Comme d'autres qui ont lu ce livre, je me pose la question... On a une histoire d'amour entre Axel et Klaus, certes, mais une romance (je rappelle que la définition de la romance est une happy end)... Difficile à dire, car la fin est trop troublante pour pouvoir se prononcer...

C'est en tout cas un livre à lire, ne serait-ce que pour se forger sa propre opinion.

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