Ysaline Fearfaol : chroniques et autres écrits

27 mars 2017

Service presse du Boudoir Ecarlate : Nox Arcana tome 1 : Nox Atra (Victoriane Vadi)

Nox Arcana tome 1 : Nox Atra (Victoriane Vadi)

Le jour, Val travaille pour un petit bouquiniste.
Il a abandonné ses études et perdu de vue ses amis depuis qu'il est hanté par des visions.

La nuit, il dort seul dans un minuscule appartement où le cauchemar d'une créature d'épouvante le tourmente dans son sommeil.
Alors qu'il sombre lentement dans la solitude et l'obscurité, un soir, un homme mystérieux se présente à la boutique. Il semble savoir quelque chose de son don et du mal qui le dévore et lorsqu'il se propose de l'aider, Valenn accepte. Mais malgré sa bienveillance, un inquiétant pressentiment ne le quitte pas : Sytry va-t-il le libérer de ses démons comme il l’affirme, ou l'entraînera-t-il plus loin encore dans un monde de ténèbres ?

 

Plonger dans un livre de Victoriane, c'est plonger à coup sûr dans un moment de délices. D'abord en raison de son écriture particulièrement addictive et visuelle. Par exemple, j'ai parfaitement visualisé l'entrepôt où vivent Sytry et les autres, ainsi que les personnages : Sytry et Val, bien sûr, mais aussi Murmur, Malphas et Edan (d'ailleurs, j'aimerais beaucoup en savoir plus sur ces deux-là), Kairn et Lyad (là aussi, j'espère les retrouver et en savoir plus) et bien entendu l'inénarrable Roxane. Ensuite, en raison de l'histoire, qui est un juste dosage entre sexe et actions. Car il se passe énormément de choses, dans ce tome. Au rythme de Val, nous découvrons le monde de Sytry (où il est déconseillé de se fier aux apparences), on se pose les mêmes questions que lui, on a les mêmes doutes, bref, on dévore les pages pour savoir. Et puis il y a les moments intimes entre Val et Sytry, jamais simples, parce que Val ne sait pas qu'il est attiré par les hommes (Victoriane me semble avoir une prédilection pour les jeunes hommes vierges et innocents, mais leur évolution est toujours intéressante et crédible), parce que la chose que l'a traqué pendant des mois lui a fait beaucoup de mal, et qu'il a peur de son propre désir pour un démon. Autre chose que j'apprécie dans les écrits de Victoriane : rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît, comme va le découvrir peu à peu Val au sujet du contrat qu'il a passé avec Sytry.

En résumé, un livre à lire absolument, avant d'attendre impatiemment le tome 2.

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26 mars 2017

Mode furtif

Mode furtif

Mode furtif

 

— Aymeric, je suis tout à fait d’accord que tu conspires avec les chats pour donner du fil à retordre à Charles, mais mes flèches, c’est sacré, tu le sais bien.

Abasourdi, le lieutenant de la meute posa le journal qu’il parcourait tout en buvant un café pour regarder Eryn, qui tenait en main une dizaine des flèches qu’elle fabriquait elle-même, toutes brisées.

— Je t’assure que je n’y suis pour rien, se défendit le loup-garou. Je sais à quel point tu tiens à tes flèches.

— Alors pourquoi y a-t-il des poils de chat dessus ?

Aymeric n’eut pas le temps de répondre qu’un cri de rage provenait de la cuisine, précédant de peu l’arrivée d’Aloys. Le loup-garou blond brandissait une boîte à gâteaux tout en semant des miettes sur son passage :

— Bon sang, Aymeric, dis à ces satanés chats de ne pas jouer dans les madeleines ! Je sais bien qu’on a Charles pour nettoyer, mais je grignote quoi, moi, maintenant ?

Là encore, le lieutenant de la meute n’eut pas le loisir de parler qu’un hurlement de colère retentissait :

— Merde, Aymeric, je veux bien que les chats fassent les cons, mais mes fringues sont lacérées !

Debout à l’entrée du salon, Faolan brandissait ce qui, de loin, ressemblait à un vestige de sous-vêtements, et de près, à des lambeaux de tissus. Mais lorsque Ciaran rejoignit son jumeau avec lui aussi un reste de tee-shirt à la main, visiblement dans l’intention de protester lui aussi, Aymeric se leva d’un bond :

— Le bureau des pleurs est fermé ! Les chats ne sont pas responsables de vos problèmes !

— Tu en es sûr ? grommela Aloys, avant de lever les mains dans un geste d’apaisement devant le regard noir que lui jeta son cousin : OK, OK, je retire ! Si tu le dis, c’est que c’est vrai !

— Alors, que s’est-il passé ? résuma Eryn tout en posant ses flèches brisées sur la table.

— On peut savoir ce qui se passe, ici ? On dirait qu’un ouragan a ravagé le manoir.

La voix de Duncan fit retomber la tension naissante.

— Le manoir ? releva Aymeric.

— Je reviens juste d’Avalon, et je ne fais que croiser des loups-garous en train de râler. Ah, d’ailleurs, si j’étais vous, je n’approcherais pas d’Ailis. Quelqu’un est entré dans son laboratoire et a renversé une partie de ses bocaux.

— C’est pas moi ! clamèrent de concert Aloys et les jumeaux[1], ce qui eut le mérite de détendre complètement l’atmosphère.

Seul Aymeric ne participa pas à l’hilarité naissante. Sourcils froncés, la tête légèrement penchée de côté, il semblait écouter quelque chose que lui seul percevait. Duncan finit par s’apercevoir de l’absence de son lieutenant :

— Allo la Lune, ici la Terre… On peut savoir où tu es ?

— Les chats ne comprennent pas.

— Qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas ?

— Ce qui se passe. Ce n’est pas eux, ça, j’en suis sûr. Les animaux ne mentent pas. Mais ils disent qu’il y a quelqu’un dans le manoir.

À la surprise générale, les yeux gris d’Aymeric se mirent à pétiller de malice :

— Alpha vénéré, je crois que tu n’es pas revenu seul d’Avalon… 

— Quoi ?

— Des passagers clandestins ont franchi le portail avec toi, ô Seigneur tout puissant.

— Continue comme ça, et je te casse la gueule. Quels passagers clandestins ?

 — Des sìthiches cait, Seigneur.

— Des… Dis-moi que tu plaisantes !

— Je crains bien que non, Seigneur.

Alors que les loups-garous échangeaient des regards catastrophés, Eryn, elle, eut une exclamation ravie :

— Des sìthiches cait ! Mais c’est merveilleux !

— C’est quoi, des sìthiches cait ? s’informa Yseult, qui arrivait.

Eryn se tourna vers lui, un grand sourire aux lèvres :

— C’est du gaélique écossais. Ça veut dire chats-fées. Ce sont…

— Des petits monstres, grommela Faolan en fixant les restes de son caleçon.

— D’adorables petites boules de poils avec de grandes oreilles et une bouille de chaton, même adultes, le contredit Blodwyn qui arrivait en compagnie d’Ailis et Eanna.

Les trois louves avaient les bras chargés de petits chats couleur sable, avec d’immenses oreilles, deux rayures noires sur les pattes avant et le bout de la queue noire.

— Ils ne sont pas mignons tout plein ? s’amusa l’empathe de la meute, tandis que la boule de poils qui avait élu domicile sur son épaule nichait son nez dans son cou en ronronnant. Je crois que celle-là veut rester avec moi.

— Et celle-ci avec moi, affirma Ailis en câlinant la toute petite chatte dont seule la tête dépassait de la poche de sa tunique.

— Celle-là m’a adoptée, annonça à son tour Blodwyn, qui avait le cou entouré par une troisième chatte qui semblait défier quiconque d’essayer de la faire bouger de là.

— Voici ma complice, sourit Eryn tandis que la quatrième venait se lover dans ses bras.

— Des… chats-fées ? disait au même instant Yseult tout en installant au creux de son bras la dernière sìthiche cat, qui semblait vouloir l’escalader.

— Des petits chats particulièrement joueurs et espiègles, lui expliqua Ailis. Celles-là sont adultes, tu sais. Et comme les femelles d’une portée ne se séparent jamais, je pense qu’elles sont toutes sœurs. Aymeric ?

— Je confirme, soupira le lieutenant de la meute d’un air lugubre. Elles sont sœurs et ont bien l’intention de rester ici.

— Pourquoi tu fais une tête pareille ? s’étonna Yseult. Elles sont adorables ! Elles ne vont embêter personne à part Charles, ce dont tout le monde se fiche, et tu n’auras qu’à leur expliquer ce qu’elles n’ont pas le droit de faire.

— Ma princesse, ce sont des sìthiches cait, et en plus des femelles. Sans vouloir te vexer, Blod, elles sont à peu près aussi faciles à contrôler que toi lorsque tu te mets en colère.

— Merci de reconnaître mes indéniables qualités. Ceci dit, ne l’écoute pas, Yseult. Les sìthiches cait sont des amours. Viens, on va t’expliquer.

Les jeunes femmes quittèrent la pièce, tandis que Duncan se laissait tomber sur un canapé en soupirant :

— Des sìthiches cait… Manquait plus que ça !

— Loin de moi l’idée de te contrarier, Seigneur, mais la prochaine fois, ramène plutôt un truc facile à contrôler. Je ne sais pas, moi, un dragon, par exemple.

L’Alpha gratifia son lieutenant d’un regard assassin :

— N’en rajoute pas, tu veux ?

— De toute façon, intervint Kerwan, arrivé entre temps, si les sìthiches cait avaient décidé de passer, rien ni personne n’aurait pu les en empêcher.

— Et rien ni personne n’aurait pu les empêcher de venir ici si c’était ce qu’elles voulaient, renchérit Elwyn. Les sìthiches cait font toujours ce qu’ils veulent, et leur principal but dans la vie est de faire le plus de bêtises possibles. Heureusement que ce n’est jamais méchant !

— Il nous reste à espérer qu’elles ne martyriseront pas trop nos pauvres matous, soupira Faolan en ramassant Fox pour le serrer dans ses bras.

— Pas plus que nos louves ne nous martyrisent, ironisa Aydan. Et puis au moins, elles ne les obligeront pas à porter de beaux caleçons marqués « fesses à claques ».

Seulement alors Faolan s’aperçut que son frère de meute avait patiemment reconstitué le puzzle représenté par les restes de son caleçon. Un immense éclat de rire retentit dans le salon, et tandis que Faolan grognait qu’il y en a certains qui feraient mieux de s’occuper de leurs propres fesses plutôt que de celles des autres, Ciaran concluait avec un grand sourire :

— Finalement, on va bien s’amuser, avec ces petites coquines !


[1] Voir les textes Herboristerie interdite et La pièce abandonnée dans La meute de Chânais tome 2,5 : tranches de vie (Ysaline Fearfaol)

25 mars 2017

Les Légendes de Djaïd tome 2 : l'Ombre et le Chasseur (Ysaline Fearfaol)

Les Légendes de Djaïd tome 2 : l'Ombre et le Chasseur (Ysaline Fearfaol)

"Quand parle le Sang de la Forêt…

Elle est la tueuse que l'on engage pour éliminer ceux contre lesquels la justice ne peut rien.

Il la pourchasse obstinément à travers tout Djaïd.

Elle est l’Ombre, il est le Chasseur.

Pour le meilleur et pour le pire, leurs destins ont été liés bien avant leur naissance, mais un représentant de l’ordre peut-il accepter de renier tout ce qui fait sa vie pour une criminelle… ?"

 

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24 mars 2017

Felicity Atcock tome 6 : les anges voient rouge (Sophie Jomain)

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Je n’ai jamais été une grenouille de bénitier, mais je me souviens très bien des grandes lignes de la religion qui affirment que Dieu est omnipotent, omniscient, omniprésent et... immense. Sauf qu’à en croire l’individu petit, chauve et rabougri qui se tient devant moi, il doit y avoir erreur sur la marchandise. Dans le cas contraire, si ce type est bel et bien le Tout-Puissant comme il le prétend, il va apprendre de quel bois je me chauffe. Même affronter l’enfer ne me fait pas peur. On n’avait qu’à pas m’enlever l’homme que j’aime.

 

Montagnes russes… c’est vraiment le terme qui me vient en refermant ce dernier tome de la saga de Felicity Atcock. Je vous préviens, quand vous le commencez, assurez-vous que rien ni personne ne vous interrompe, parce que c’est tout simplement inacceptable, insupportable et non autorisé. Les rebondissements se succèdent, et quels rebondissements… J’ai beaucoup aimé les discrètes touches de rappel sur les événements des tomes précédents présents dans le roman. C’est vrai qu’on peut avoir oublié des détails importants, parce que sur le coup on ne les a pas jugés importants – chaque lecteur ne lit pas un livre de la même façon et n’en retient pas les mêmes choses –, mais qui en fait l’étaient (en même temps, on n’est pas non plus dans la tête de l’auteur, et Sophie est CE genre d’auteur qui disperse « innocemment » des indices à droite à gauche qui nous font dire à la fin « mais c’est bien sûr… »).

Donc, on ne s’ennuie pas. On aimerait même pouvoir respirer de temps en temps, et on se demande où Felicity trouve la force de supporter tout ce qui lui arrive sans perdre l’esprit. D’ailleurs, suite à cette lecture trépidante, je vous conseille de prendre ensuite un de vos livres-doudous. Vous savez, celui que vous connaissez par cœur pour l’avoir relu des dizaines de fois et qui du coup est corné de partout. Je vous assure que votre petit cœur en aura besoin.

Le mien en tout cas a besoin d’une sérieuse pause…

L’intrigue est machiavélique, et mieux ficelée qu’un rôti prêt à être enfourné. Les personnages sont toujours aussi complexes et surprenants, avec une fâcheuse tendance à agir comme on ne s’y attend pas – ou à aller encore plus loin qu’on ne s’y attendrait. Et la fin est jubilatoire. Ah, ce chapitre 22… Mais je n’en dirai pas plus sur l’histoire, ce serait trop dommage de spoiler quoi que ce soit (et non, je n’ai toujours pas digéré qu’on m’ait spoilé la fin du tome 5…), mais surtout, ne passez pas à côté ! Et en vérité, je vous le dis, une bouteille d’oxygène et un masque à côté du fauteuil ne sont pas inutiles...

 

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23 mars 2017

Service presse du Boudoir Ecarlate : Psi Changeling tome 15,5 : étreintes sauvages (Nalini Singh)

Psi Changeling tome 15,5 : étreintes sauvages (Nalini Singh)

Au fond des océans, Tazia Nerif cherche à briser le Silence du commandant Psi de sa base. Dorian, incapable de se transformer, doit apprendre à laisser jouer son léopard pour échapper à sa vie morne. Cruellement blessé par une louve dominante, Felix refuse d’être la victime de quiconque, mais la femme-léopard Dezi est prête à tout pour le convaincre de lui accorder sa confiance. Kenji et Garnet, autrefois séparés, sont à nouveau irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, mais un lourd secret les menace...

 

L’écho de Silence : j’ai un faible pour les histoires avec les Psis brisant leur conditionnement, et celle-ci ne fait pas exception à la règle, surtout que Tazia, l’humaine, a elle aussi une forme de conditionnement en raison de sa culture d’origine. J’ai trouvé Stefan aussi touchant qu’attendrissant, et leur histoire, si belle et si romantique, m’a mis les larmes aux yeux

Dorian : ah, Dorian… Je l’ai toujours adoré, et j’ai adoré le voir enfant, quand il ne pouvait pas encore se métamorphoser. Sa découverte de ses capacités, plus tard la manière dont il a appris à apprivoiser son léopard, le tout sous la tendre amitié de ses amis, est un vrai bonheur ! Le côté joueur des Changelings s’exprime sans complexes dans cette nouvelle, et c’est un plaisir de voir à quel point ils peuvent être gamins, parfois.

Entre chat et loup : une histoire que j’ai vraiment adorée ! Pour une fois, les rôles sont renversés : on a un loup soumis, Félix, qui désire une femelle léopard dominante, Dezi. Celle-ci partage ses sentiments, mais une telle union est-elle possible ? Dans le sens inverse, mâle dominant et femelle soumise, le problème ne se pose pas, mais le cas de Félix et Dezi n’a rien de classique, surtout que Félix a déjà été utilisé comme jouet sexuel par une femelle dominante. Il leur faudra du temps, de la patience, des compromis pour apprendre à ne pas se blesser l’un l’autre, et pour que ni l’homme ni loup en Félix ne se sente écrasé par la dominance de Dezi. Une très belle histoire, où enfin les rôles sont inversés, ça fait plus que plaisir !

Liés par le destin : Un meurtre au sein des SnowDancer ! Garnet, lieutenante, doit l’élucider, mais la venue de Kenji, dont elle est amoureuse depuis toujours et qui l’a si cruellement trahi le jour de ses 21 ans, complique les choses. Une histoire très bien menée, avec une enquête passionnante, un secret qui sans cesse se dérobe, jusqu’à la révélation finale. Si l’identité du meurtrier n’est en fait pas très compliquée à deviner, surtout quand on est comme moi une grande lectrice de polars, l’histoire de Kenji et Garnet, elle, tient toutes ses promesses et est tout simplement superbe.

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