Je n'aimerai plus (Stéphane Soutoul)

Inconsolable, Solange trouve refuge dans la solitude depuis le décès de son premier amour. Le marquis de Rousserolle souhaite malgré tout que sa fille épouse un aristocrate digne de son rang. Dans l’attente de fiançailles auxquelles elle refuse de se soumettre, Solange est placée sous la protection de Childéric de Frazignac. Dès le premier regard, la jeune femme perçoit le bretteur taciturne comme une atteinte à sa liberté. La guerre ne tarde pourtant pas à s’embraser aux frontières du royaume. Pris dans la tourmente des évènements, Solange et Childéric apprennent à cohabiter, à découvrir leurs blessures mutuelles, leurs espoirs... Se pourrait-il qu’un coeur en deuil finisse par s’éprendre d’une âme torturée, envers et contre tout ?

 

Une nouvelle fois, Stéphane a su me surprendre, en écrivant dans un registre très différent de "La proie du papillon", "Séduction maudite" et "Si proche de lui". Car non seulement il change de registre, mais en plus, il change à nouveau de style, pour l'adapter cette fois à une romance sentimentale, qui m'a rappelée mes premières lectures du genre, tout en étant très éloignée par les valeurs véhiculées parc elles-ci à l'époque (oui, je sais, les dinosaures, toussa, toussa...).

Ici, point de femme faible ; Solange a un très fort caractère, exarcerbé par sa jeunesse. Elle aime avec toute la violence et la passion de ses seize ans, et lorsque la maladie lui ravit Théodore, elle jure de ne plus jamais aimer, un serment fait avec la fougue de l'adolescence, celle que nous avons tous un jour connue avant que le temps nous apprenne à nuancer nos propos. Cependant, même si Solange peut paraître excessive, qu'il est bon de se remémorer à travers elle ce temps, lointain pour moi, et pourtant toujours dans mon coeur. Alors oui, même si par moment, elle se montre garce et capricieuse (pauvre Childéric... Il n'a mérité aucune des gifles reçues !!), j'ai éprouvé beaucoup d'empathie pour elle, car au fond, c'est une jeune femme d'une grande bonté et d'une grande générosité.

Quant à Childéric, on ne peut pas dire que l'auteur lui épargne les épreuves... Son secret est tout simplement bouleversant, et mon coeur a saigné pour lui, même si, peu à peu, on comprend qu'il n'a pas eu le choix, bien qu'il ait tout fait pour éviter d'en arriver à tuer son propre frère. C'est un vrai chevalier blanc, un homme pour qui l'honneur n'est pas un vain mot, et le don de lui-même encore moins. Solange ne veut pas de lui ? Qu'importe, il a une mission à accomplir, et il l'accomplira, malgré les rebuffades de la demoiselle.

Les personnages dits secondaires ne le sont pas du tout. Entre Aurore, la pétulante soeur de Solange, une autre jeune personne dont je ne dirai rien (si ce n'est qu'elle est, comme Solange, une grande lectrice) pour préserver la surprise, Ebroïn qui pense agir pour le bien de Solange et passe son temps à se fourvoyer, le pauvre homme (les pères et leurs filles...), l'infâme Bertelius (que serait une histoire sans un abject personnage ?) et enfin, le roi Siméon, qui, s'il ne fait qu'une brève apparition, en profite pour secouer tout le royaume, il y a de quoi se délecter de cette lecture !

Lien Amazon :