Le naufrage du « commentaire constructif »

 

Pour commencer, qu’est-ce qu’un commentaire dit « constructif » ? Soulignons d’abord que c’est l’auteur du commentaire qui le qualifie de tel. C’est très très important de garder ça à l’esprit. Si, si, je vous jure !!

Bref, ce commentaire dit « constructif » est un commentaire négatif sur un livre, mais qui se veut « porteur de conseils destinés à l’auteur pour qu’il s’améliore » (à noter que ledit commentaire concerne en général des auteurs indépendants, ce qui est important aussi. Ceci dit, quand on voit qu’une ME que j’aurai la bonté extrême de ne pas citer a édité Nabila, on est en droit de se dire « Euh… ». Fin de la parenthèse). Mais quels conseils, me direz-vous ? Après tout l’auteur pourrait peut-être en tirer parti ? Des conseils du genre « Moi, j’aurais pas écrit ça » ou « je l’aurais écrit comme ça » ou « Tel perso, je lui aurais fait faire ça » ou « Pourquoi ça se passe en hiver et pas en automne ? Moi, j’aurais mis l’histoire en été, d’ailleurs » (je vous fais grâce des fôtes qui accompagnent en général lesdits commentaires…). Bref, vous voyez le genre…

 

Sauf que…

 

Ben sauf que l’auteur, il n’en a rien, mais rien à battre, et quand je dis rien, c’est rien, nada, que t’chi que pouic !! Pourquoi ? Tout simplement parce que :

— Pour commencer, c’est LUI l’auteur, donc il s’agit de SON univers, SON monde, SES règles, SON histoire. Donc savoir que Tartempion aurait écrit ça ou ça… euh… comment dire… Bref, si Tartempion n’aime pas, que Tartempion prenne sa pelle et son seau et aille enterrer son « commentaire constructif » dans un trou trèèèèèèèès profond, et loin, loin, très loin… Et puis, hein, si Tartempion a taaaaaant de choses à dire, il/elle n’a qu’à écrire un roman et on reviendra causer après…

— Ensuite, ce qui ne plairait pas à l’un plaira à l’autre. Je prends l’exemple de mes loups : avec le nombre de commentaires positifs que j’ai sur eux, vous croyez VRAIMENT que je vais me préoccuper de « conseils » à la con, surtout sur un tome 1 sorti depuis quatre ans et demi et qui n’est jamais sorti du top 100 des romances paranormales ni de celui des romances fantastiques ?? (Comment ça, ça fait Diva de dire ça ?? Appelez-moi Votre Majesté, pour commencer !! Ou à la rigueur, Votre Altesse. On n’a pas gardé les cochons ensemble, que diable !).

— Autre point : l’auteur ne vous a RIEN demandé, que je sache… Il sait que tout le monde n’aimera pas son livre (c’est l’jeu, ma pov’ Lucette !!). Les auteurs sérieux ont des relecteurs et des relectrices qui leur ont donné leur avis sur leurs écrits, et s’ils/elles sont comme les miennes, l’avis en question n’est pas toujours tendre… (comment ça, moi aussi je suis une peau de vache quand je relis ?? Même pas vrai que les auteurs que je relis ont peur d’ouvrir leurs mails !! D’abord, le relecteur ou la relectrice qui s’extasie sur tout est un/une inutile, donc, quand je relis, je relis…). Ceux qui ont une telle envie d’aller se la jouer bêtas-lecteurs peuvent aller donner leur « avis éclairé » sur des plateformes où ceux qui y publient n’attendent que ça et ficher la paix aux gens qui ne leur demandent rien…

— Dernière chose : ce n’est pas parce qu’un auteur est indépendant qu’il n’est pas professionnel. En plus des relecteurs, rien ne l’empêche d’avoir des correcteurs pros. Et rien ne l’empêche non plus d’avoir un ou une illustratrice de talent.

 

Bref, pour résumer, que pense un auteur de celui ou celle qui fait un « commentaire constructif » ? Qu’il peut le prendre, le rouler autour d’un balai et se l’enfoncer je vous laisse deviner où… En cas de besoin, l’auteur peut venir aider, c’est par définition une personne des plus serviables, surtout dans ce genre de cas désespéré (avec un peu de chance, il trouvera même un cerveau bien caché dans la foulée, mais il ne vous promet rien. Certains cas sont totalement désespérés, et malgré toute sa bonne volonté, il ne pourra rien faire pour le sujet).

Ah, autre point important : n’oubliez JAMAIS, JAMAIS, qu’un auteur obtient TOUJOURS vengeance dans ses écrits… (Charles, ça vous dit quelque chose, ça, Charles… ?)

 

PS : le premier qui vient me casser les bonbons avec l’écriture inclusive finira inclus dans un show avec Charles, qu’on se le dise !!

Le naufrage du commentaire constructif