Ysaline Fearfaol et Ayleen Night

Retrouvez mon témoignage sur l'édition indépendante sur les blog des Indéchaînés...

Bonjour, je suis auteur indépendante (oui, je préfère ce terme à auto-édition, car il a une connotation plus professionnelle), sous deux noms d’auteur : Ysaline Fearfaol pour mes romances fantastiques MF (Homme/Femme) et Ayleen Night pour mes romances MM (Homme/Homme). Deux noms pour deux genres littéraires différents, tout simplement.

J’ai édité mon premier roman le 15 août 2014 (la meute de Chânais tome 1 : Aymeric – la malédiction) via Amazon. Dès le départ, j’avais choisi de le faire en tant qu’auteur indépendante, et donc ce manuscrit n’a jamais été soumis à une maison d’édition, pas plus que la trentaine de livres qui ont suivi depuis.

Plusieurs raisons ont motivé mon choix.

Pour commencer, je n’avais aucune envie d’attendre un hypothétique retour d’une maison d’édition durant des mois. Eh oui, la patience n’est pas ma qualité première…

Ensuite, je n’avais pas non plus envie que qui que ce soit intervienne sur mon texte. Dans le tome 1 des de Chânais, par exemple, il y a une scène à la fin du livre qu’aucune maison d’édition n’aurait laissé passer, et pourtant, elle est devenue culte parmi mon lectorat. À l’époque, le fait d’introduire des personnages gay dans une série MF ne serait pas non plus passé, alors qu’à présent, c’est devenu à la mode…

Enfin, je suis quelqu’un qui apprécie de tout contrôler de A à Z : la mise en page de mon manuscrit, le choix de la couverture, la date à laquelle je vais le publier et ma promotion. Certes, c’est chronophage, mais c’est aussi mon métier, puisque, au fil du temps, l’écriture est devenue mon activité principale. J’apprécie également le fait qu’en édition indépendante, mon travail est rémunéré à sa juste valeur. Il n’y a pas d’intermédiaires entre les lecteurs et moi, excepté la plate-forme de vente, ce qui signifie une meilleure marge pour moi.

Depuis mes débuts, je me suis professionnalisée : j’ai toujours travaillé avec des bêta-lectrices, mais je fais aussi appel à un correcteur et à une illustratrice professionnels. Je fais des salons depuis plusieurs années (les Halliennales, Livre Paris, la Y/Con [salon spécialisé dans l’homoromance], Mon’s Livres en Belgique… pour ne citer que mes préférés). Certes, la participation à un salon implique une logistique rigoureuse, mais là encore, c’est un aspect de l’édition indépendante que j’apprécie. J’aime ne dépendre de personne d’autre que de moi-même. Je prends plaisir à gérer mes stocks de livres, les commandes pour les salons, choisir mes fournisseurs pour les goodies (marque-pages, sacs, banderoles, roll-up…).

Un autre avantage de l’édition indépendante, c’est que je n’ai aucune deadline à respecter pour rendre un manuscrit. Je travaille à mon rythme, sans stress, chez moi, avec mes chats (bon, c’est vrai, ils ne m’aident pas toujours…), je suis seule à choisir quelle histoire je vais écrire. Je n’ai pas non plus de crainte à avoir concernant des dates de sortie repoussées, puisque je suis la seule à décider.

Je n’ai pas non plus à me préoccuper de rivalités entre auteurs d’une même maison d’édition (j’ai assez donné dans mon ancien travail…) ; j’ai certes deux identités d’auteur, mais ce qui est bien, c’est qu’elles sont toujours d’accord entre elles 😊 . En fait, vous l’aurez compris, dans le travail, je suis une solitaire. Autant j’adore discuter avec mon lectorat, que ce soit sur les réseaux sociaux (mes blogs, Facebook, Instagram, Twitter), autant, dans le travail, je préfère être seule.

L’édition indépendante demande beaucoup d’investissement personnel, c’est vrai, mais c’est un choix que je ne regrette pas, surtout à l’heure où le métier d’auteur est de plus en plus précarisé. J’avoue que j’aurais aussi du mal à gérer le fait de ne toucher des droits d’auteur qu’une à deux fois par an. Ayant fait le choix d’Amazon, je touche un revenu tous les mois. Je ne peux pas parler de droits d’auteur, puisque l’édition indépendante n’est pas reconnue en droit français, bien qu’elle prenne de plus en plus de place dans le paysage de l’édition française. La meilleure preuve en est peut-être Livre Paris, qui, après des années de refus, a ouvert ses portes aux auteurs indépendants… Alors certes, tous les salons ne nous sont pas encore accessibles, mais je suis convaincue que les choses vont changer petit à petit. Il y aura bien sûr toujours des maisons d’édition, mais les auteurs indépendants vont trouver leur place à leurs côtés.

La meilleure preuve en est que les lecteurs sont de moins en moins frileux vis-à-vis des auteurs indépendants. Ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure « Lisons un auteur indépendant » et ensuite à conseiller leurs lectures autour d’eux. On m’a souvent demandé si le fait de ne pas être en librairie me gênait. Très sincèrement, je m’en fiche complètement. Pour commencer, je suis présente dans la plus grande librairie du monde : Amazon. Ensuite… je vis à la campagne, dans un tout petit village. La librairie la plus proche, c’est 60 km aller-retour en voiture (il n’y a pas de transports en commun dans ma région), auxquels il faut ajouter un parking payant. Pour, la plupart du temps, ne pas trouver ce que je veux, devoir le commander et donc devoir revenir… Pour ne rien arranger, je suis atteinte d’une maladie auto-immune handicapante ; pas facile dans ces conditions de flâner dans une librairie ou même certains jours de conduire… Tout ça pour dire que je n’ai pas mis les pieds dans une librairie depuis plus de vingt ans, et que ça ne me manque pas du tout. Alors non, être en librairie ne m’intéresse pas le moins du monde ! Grâce à Amazon, je vends dans le monde entier (j’ai par exemple un lectorat important au Canada) ; c’est bien plus intéressant pour moi.

Donc oui, je suis auteur indépendante par choix, depuis bientôt quatre ans, et les choses étant ce qu’elles sont, aller en maison d’édition ne me tente pas. Comme je l’ai dit, je trouve gratifiant de mener ma barque toute seule, et de me dire « c’est moi qui l’ai fait » quand un de mes bébés arrive dans mes mains.