Les copains du Chapitaine Mousse

Les copains du Chapitaine Mousse

 

Touffu et Zaz, à quai.

— Dis, c’est bien celui-ci le bateau de Mousse ?

— Oui, oui... on doit juste attendre qu’il nous fasse signe que le champ est libre

— Ça va être long tu crois ?

— Pas d’après ce qu’en dit Mousse !!... Ses esclaves passent leur temps l’un sur l’autre à se lécher.

— Ah bon ?!... Ben ils se lavent quoi, ils n’ont pas de poils ?!

— Sais pas !

....

— J’ai faim !!!

— Patience, Mousse a un plan pour qu’ils oublient le repas... Ah, ça y est, je vois sa queue !

— ENFIN !!!!!...À NOUS LE SAUMON FUMÉ ET LES CREVETTES !!!!!!!

 

***

 

Touffu et Zaz, la queue en panache, se dirigeaient à vive allure vers le bateau de leur pote.

— Z’allez où, les copains, comme ça ?

— Ben, chez Mousse ! répondit Zaz.

— Tiens, salut Boule de Poils, ajouta Touffu.

Boule de Poils se redressa et arqua le dos :

—  C’est déjà l’heure ? Ma sieste a été plus longue que prévu. Faut dire aussi que pour dormir tranquille, c’est pas gagné !

— Sérieux ?! … Tu n’arrives pas à dormir ?

— Nan !... Par la faute des esclaves de Mousse feula-t-il en réponse

Les deux compères s’entreregardèrent et miaulèrent d’une même voix :

— Ils se lèchent !!

— Quoi ?!

— Ils se lèchent, ils se lavent, quoi !

— Comprends pas, y z’ont pas de poils marmonna Zaz dans ses moustaches.

— C’est le Chapitaine qui le dit… donc !!!

Pensifs, mais l’estomac criant famine, les trois matous poursuivirent leur chemin.

— Eh Flag, tu nous rejoins ?

Le chat gris et blanc s’adressait à un félin tigré gris avachi sur le pont d’un voilier voisin.

— Plus tard, je dois amener le thon que mon esclave est parti acheter… J’attends toujours !

— Bon, à tout à l’heure, alors ! lui répondit Boule de Poils, les vibrisses frémissantes

Soudain, Zaz, qui avançait en tête de file, s’immobilisa d’un seul coup, le poil hérissé. Sur le qui-vive, les deux autres ne bougèrent plus d’un poil.

— Aaaah… aaaaaaaaaah !!

— Qu’est-ce que… ?!

Les trois chats étaient statufiés.

— Aaaaaaaaaaaaah… ouiiiiiiiii !!!!!!... Aaaaaaaah… enc… !.... Mmmmmm !!!

Tous trois avaient posé la première patte sur le pont, mais n’osaient désormais plus faire le moindre mouvement.

— Qu’est-ce… ? Qu’est-ce que c’est ? chouina Touffu, les pupilles dilatées.

— Mes esclaves ! répondit Mousse qui venait d’apparaître

Zaz, Touffu et Boule de Poils le fixèrent sans comprendre.

— Ils se lèchent !

— Se… lèchent ?! Mais ça ne fait pas mal, quand on se lèche !

— C’est parce qu’ils n’ont pas de poils, sans les poils, ça doit faire mal, une langue râpeuse !

Ils restèrent silencieux un moment, tentant d’appréhender une telle aberration.

— Allez, venez, le saumon et les crevettes nous attendent

Sans plus hésiter, les quatre compères s’engouffrèrent dans la coursive et, se fiant à leur nez, se dirigèrent vers la cambuse.

Un bon moment plus tard, repus et se délectant du parfum de produits de la mer grâce à leur toilette post-dégustation, les cinq minets (Flag les ayant rejoint avec le thon promis) s’apprêtaient à entamer une sieste réparatrice quand :

— Gruik…gruik… gruik… gruik...gruik, gruik, gruik

Quatre regards interloqués… et un blasé !

Mousse s’étira de tout son long avant de se retourner et de fermer les yeux en miaulant tout bas :

— Et c’est reparti !!!!!!

….

Quelle ne fut pas la surprise de deux jeunes hommes lorsqu’ils sortirent enfin de leur cabine dans le plus simple appareil, de découvrir, non pas un chat, mais cinq, étalés au maximum de leur longueur sur toutes les assises disponibles.

— Euh ?!... Depuis quand avons-nous cinq chats ?

— Depuis jamais !... Mousse semble s’être fait des copains. Il faut dire aussi qu’il doit s’ennuyer quand nous sommes là, nous ne nous occupons guère de lui.

— Je vois ça. En attendant, j’ai faim, n’avons-nous pas du saumon qui nous attend, lui rétorqua son compagnon d’un air gourmand.

— Si ! Je l’ai… (il s’interrompit et déglutit)… pas rangé dans le frigo.

— Et il n’est plus frais ? l’interrogea son amant qui n’avait pas saisi.

— C’est surtout qu’il n’est… plus !!

Ils échangèrent un regard qu’ils tournèrent ensuite vers les cinq félins qui ronflaient. Après une grimace, ils éclatèrent de rire. Ils ne pouvaient pas vraiment leur en vouloir.

Sullivan s’approcha de Mousse et lui gratouilla le haut de la tête, un sourire gentiment moqueur au coin des lèvres.

— Tu es un fameux coquin, mon minet

À peine avait-il fini de parler qu’il fit un bond :

— Aaaaaaah !

— Il nous reste la glace lui précisa Tanguy, goguenard.

Ladite glace qui coulait désormais de l’épaule de Sullivan où l’avait déposée son amant, directement vers son téton droit qui s’érigeait déjà.

Sullivan n’eut pas le temps de répondre que Tanguy l’avait contourné et s’appliquait à lécher le bout de chair durci, déclenchant un délicieux frisson. Lorsqu’il referma les lèvres et tira doucement dessus son partenaire ne put retenir un gémissement de plaisir.

— Tanguy !

— Hum ?!

— Tu… n’avais… pas faim ?

— Si, mais il ne reste plus que le dessert lui rappela-t-il tout en posant la main sur le membre tendu de son compagnon

— Je…

Tanguy en profita et envahit sa bouche tout en resserrant fermement les doigts en un mouvement ascendant et descendant sur cette chair si douce et si dure.

Il s’activa ainsi un moment, puis son pouce dériva vers le frein pour entamer une caresse qui, il se savait, rendait fou Sullivan. Sa bouche quitta la douce chaleur accueillante pour glisser vers le creux de l’épaule pendant qu’il s’enivrait de l’odeur de son amant.

— Stop !

— Hummm

— Stop !

— Hein ?!

Tanguy releva la tête, inquiet du comportement de son compagnon. Celui-ci avait les joues rouges… d’embarras ??

Cependant, Sullivan ne le regardait pas, il fixait quelque chose derrière lui. Intrigué, Tanguy se retourna et du se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire. Mousse et ses quatre comparses, parfaitement réveillés et assis sur leur arrière-train, les regardaient fixement sans bouger d’un cil.

Toujours hilare, Tanguy s’empara du pot de glace ouvert, entoura son bras autour de la taille de son partenaire et l’entraîna vers la chambre dans laquelle ils s’enfermèrent.

Au bout de quelques minutes, Mousse poussa un soupir de chat, se rallongea, referma les yeux et ne mit que quelques instants à rejoindre le pays de Morphée…

 

Et c’était reparti !!!!!!!!

 

 

Claire Brunez, le 21 juillet 2018