Le camp (Christophe Nicolas)

Lorsque l'homme est réduit à l'état d'animal, seul l'amour peut lui rendre son humanité.

Un homme sort de terre, décharné, nu, un collier de métal autour du cou. Rassemblant ses dernières forces, il escalade un grillage et fuit, enfin libre. Le lendemain, il est retrouvé mort.

Six ans plus tard. Flora emménage dans la maison familiale au lieu-dit La Draille. Cyril est venu l'aider, et Marie, sa compagne, doit les rejoindre le lendemain. Mais à son arrivée, Cyril et Flora ont disparu. Le village est désert. Vidé de tous ses habitants au cours de la nuit.

L'armée, une horreur indicible et la lâcheté des hommes séparent désormais Cyril et Marie.

 

La tension ne faiblit pas tout au long du livre. Nous suivons tantôt Cyril, tantôt Marie (ce qui occasionne quelques voyages dans le temps, puisque leurs histoires ne se déroulent pas tout à fait en même temps), et au-delà de l'angoissante question de savoir s'ils vont se retrouver, on est confronté à une situation terrifiante, servie par l'écriture incisive de l'auteur.

Qui est l'allié ? Qui est l'ennemi ? Qui faut-il croire ? Et si finalement c'était bien Titi, le simple d'esprit, celui que personne n'écoute, qui détenait la vérité ?

De quoi est capable l'être humain lorsqu'il est poussé dans ses retranchements ? Autant dire que la réponse n'est pas toujours jolie-jolie...

On pourrait reprocher à l'auteur le fait que certains éléments restent dans l'ombre, mais même si c'est énervant, c'est réaliste, quand on y réfléchit. Dans la vraie vie, on n'aurait pas non plus la réponse. Seul vrai petit reproche : j'ai trouvé la fin un peu précipitée après toute la tension du roman (en n'espérant qu'il ne s'agisse que d'un roman...).

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